De l’animation rurale à la gestion des terroirs |
Le recours à l’échelle locale et à la démarche participative s’impose à la majorité des agences d’aide au développement, du fait de l’incapacité des administrations centrales ou déconcentrées à améliorer durablement les conditions de vie des populations, à gérer de manière équitable et durable les ressources naturelles et à lutter contre la pauvreté. La prise en compte du niveau local évolue cependant au cours des années en fonction des enjeux des pays concernés et des courants de pensée au niveau international.
Dès ses origines, l’Iram a promu le « développement local », à travers les actions d’animation rurale. Le village, la zone ou le « marais » constituent dès lors des niveaux de diagnostic, d’organisation des actions de développement dans le cadre des projets, mais souvent de façon non formalisée et en parallèle à l’intervention des administrations.
Dans les années 1980, les démarches de « recherche-développement » confortent la nécessité d’une plus grande cohérence des interventions publiques au niveau de territoires identifiés comme des espaces de vie, d’appartenance et de développement. C’est dans ce contexte que se mettent en place les projets dits de « gestion de terroirs ». Ces projets, aux entrées principalement techniques, sont axés sur la gestion des ressources naturelles, la mise en valeur du patrimoine agricole et la gestion du foncier.
Les années 1990 : l’essor des appuis au développement local |
Puis, dans les années 1990, les interventions de développement à l’échelle locale s’orientent vers une approche territoriale élargie au financement des équipements ruraux, qu’ils soient sociaux ou productifs. Ces projets dits d’appui au « développement local » s’attachent à soutenir les initiatives locales en se fixant comme principal objectif la réalisation de projets définis et sélectionnés par les acteurs locaux. La plupart des partenaires techniques et financiers s’impliquent alors dans ce domaine.
L’Iram s’engage à cette époque dans des projets spécifiques de développement local au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Ces projets portent plus particulièrement sur l’appui à la gouvernance locale, la planification locale et le financement du développement local (mise en place d’outils financiers en complément du crédit). L’Iram a ainsi conçu des fonds d’investissement local au Burkina Faso (projet de développement rural intégré du Houet, de la Kossi et du Mouhoun ; projet de développement rural du Ganzourgou) et au Mali (fonds d’investissement local à Sikasso). Dans ces interventions, le choix du financement par des instances locales, comprenant en majorité les bénéficiaires des équipements financés, constitue à l’époque une innovation majeure.
Tout au long des années 1990, l’Iram est très présent dans l’appui au développement local. A partir de ses interventions de terrain, il acquiert une reconnaissance en termes d’évolution stratégique des démarches et de production méthodologique. Celle-ci se traduit notamment à travers l’animation du groupe « gestion de terroirs » puis « développement local » de l’inter-réseaux.
Pour l’Iram, le développement local est un processus endogène qui s’inscrit dans un territoire et conduit à un projet global en articulation avec l’extérieur. Dès le départ, les interventions mettent l’accent sur la concertation entre les différents acteurs, dans le respect des responsabilités de chacun dans la gestion des territoires et en considérant les spécificités politiques, économiques et sociologiques de ces zones. Ces principes sous-tendent les actions menées au Mali jusqu’en 2005 et actuellement au Niger, au Tchad (Projet d’appui au développement local du Mayoh Dallah, du Mont Illi et de la Kabbia –PRODALKA), au Sénégal et en Mauritanie.
Le renforcement des processus de décentralisation administrative et politique |
Au cours des années 1990 et 2000, nombre de pays africains engagent, à des rythmes différents, des processus de décentralisation administrative et politique, qui modifient le contexte du développement local
En théorie, la décentralisation vise une plus grande démocratie et un meilleur accès aux services publics pour les habitants. Les collectivités territoriales doivent devenir des animatrices du développement fédérant les initiatives des acteurs locaux. L’Iram voit dans ces processus une opportunité pour le développement et la démocratie à l’échelle locale. Dans la pratique toutefois, la prise en compte des dynamiques de développement local par les nouveaux élus est très variable. Un des garants essentiels de la réussite et de la pérennité des processus de décentralisation est la participation des citoyens à ces processus. C’est pourquoi, dans ses interventions, l’Iram se concentre sur l’articulation des projets de développement local et des processus de décentralisation, ainsi que sur le renforcement des capacités des acteurs locaux. Cette articulation se traduit par un appui à la définition de politiques de décentralisation et un accompagnement des collectivités dans l’exercice de leurs mandats (planification, fiscalité locale, budget participatif, formation d’agents communaux).
Actuellement, l’Iram poursuit ce type d’action dans le cadre de programmes de longue durée, ainsi qu’à travers différentes études au Tchad, au Mali, au Niger, au Sénégal ou en Mauritanie.
L’accompagnement d’actions de coopération décentralisée |
L’Iram accompagne également la construction de partenariats entre collectivités du Nord et du Sud. Dans ce cadre, il met en œuvre des actions de renforcement des capacités des collectivités locales du Sud et de mobilisation des acteurs régionaux au Nord (programme de coopération décentralisée entre la région Picardie et les communes des départements de Konni et Madaoua au Niger).
Toutes les notes en un clic
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| Journées d'Etudes des 15 et 16 septembre 1996 La décentralisation en Afrique : Réforme administrative ou nouvelle donne politique ?. IRAM, 2007. 23p. Compte-rendu de la deuxième journée. | |
| Marty, A., Grémont, C., Mossa, R., Hamara Touré, Y. Les liens sociaux au Nord-Mali : Entre fleuve et dunes. Karthala, IRAM, 2004. 255p. | |
| Journées d'Etudes des 10 et 11 septembre 2004 - Dossier préparatoire La coopération au développement entre acteurs locaux et géopolitique internationale ?. IRAM, 2004. 92p. Etude sur les Réformes foncières, la décentralisation et les filières agricoles en Amérique latine et en Afrique de l'ouest.. | |
| Demante, M.J. Le genre est-il soluble dans le développement local ?. Revue Agridoc thématique développement local en milieu rural, juillet 2001, n°1, p. 1-3. | |
| Demante, M.J. Note sur le séminaire 'Le développement local et la décentralisation. Les leçons d'une analyse genre'. IRAM, 2000. 4p. | |
| Journées d'Etude des 10 et 11 septembre 1999 Gestion locale et décentralisation : le cas du Mali. IRAM, 1999. 22p. Compte rendu. | |
| Iram, Coll. Le fonds d'investissement local de Sikasso. Ministère des Affaires Etrangères-Coopération et francophonie, 1998. 23p. | |
| Gentil, D., Husson, B. La décentralisation contre le développement local ? . In Rapport 1996 de l'Observatoire permanent de la Coopération française. Desclée de Brouwer, 1996. p. 59-92. | |
| Journées d'Etude des 7 et 8 spetembre 1995 - Compte-rendu des débats Première partie. In Bilan et perspectives du financement local. IRAM, 1995. p. 1-25. | |
| Journées d'Etude 7 et 8 septembre 1995 - Compte-rendu des débats Deuxième partie. In Le développement local. Iram, IRAM, 1995. p. 26-52. | |
| Marty, A. Quelques remarques d'André MARTY. In Colloque ORSTOM, Paris IV, 2-4 octobre 1995. Le territoire, lien ou frontière? Identités, conflits ethniques, enjeux et recompositions terriroriales. 1995. p. 1-8. | |
| Iram, Coll. De la gestion de terroirs au développement local. Les orientations de l'aide française. Ministère de la Coopération-Caisse Française de Développement, 1994. 30p. | |
| Fournier, Y., Gentil, D. Le financement du développement local. In Mercoiret, M.R., L'appui aux producteurs ruraux. Karthala-Ministère de la Coopération, 1994. p. 389-417. | |
| Le Bissonnais, A. Premiers acquis du Fonds d'Investissement Local de Sikasso, Mali. In Journées d'étude des 8 et 9 septembre 1994. Compte-rendu des débats. Bilan et perspectives du financement local. IRAM, 1994. p. 130-136. | |
| Fournier, Y., Gentil, D. Fonds d'investissement local, là où le crédit ne convient pas, version provisoire. IRAM, 1994. p. 1-30. | |
| Clément, F., Tjoelker, T. Gestion stratégique des territoires. L'Harmattan, 1992. 191p. | |
| Marty, A. La gestion des terroirs à l'Iram. In Compte rendu des Journées d'Etude Iram des 13 et 14 septembre 1991. Gestion des terroirs et développement. IRAM, 1991. p. 61-68. | |
| Journées d'Etude des 15 et 16 septembre 1989 Interventions de développement localisé. IRAM, 1989. 35p. Compte-rendu. | |
| Goussault, Y. Au Maroc, au Togo, au Sénégal, la commune est la cellule de base. Développement et Civilisations, juin 1960, n°2, p. 40-47. | |
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