Après une vague de croissance très rapide, la microfinance connaît depuis quelques années, un certain nombre de crises et de dysfonctionnements dans différents pays. Dans ces conditions, une approche globale du secteur de la microfinance peut devenir un véritable enjeu national ou, parfois, sous-régional. Elle doit renforcer la contribution du secteur au développement social et économique ainsi qu’à la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Elle permet également de consolider la viabilité de ses institutions et de renforcer leur intégration dans le secteur financier national.
Au-delà de l’enjeu prioritaire que constitue le « renforcement de l’infrastructure de marché », il est important que les acteurs concernés puissent s’interroger sur l’évolution du secteur. Par exemple, comment éviter que les ressources mobilisées s’orientent principalement en fonction de la rentabilité à court terme de certaines activités ou bien que les flux se destinent préférentiellement aux urbains ?
La définition d'une politique nationale doit partir des réalités et être l'occasion d'une construction d'un plan à moyen terme (trois à cinq ans) par les acteurs concernés : pouvoirs publics, institutions de microfinance, associations professionnelles, autres partenaires.
L’analyse commune des difficultés récentes du secteur doit conduire à la définition d’un cadre adapté, en même temps que les besoins de contrôle et de régulation doivent devenir évidents pour tous. Les modalités et la répartition des rôles peuvent être alors discutées avec des instances chargées du suivi et de l’actualisation de la politique.
Quelques références IRAM depuis 2000
Politique nationale de microfinance
Projet d'Appui à la Microfinance Rurale dans l'Etat de Oaxaca - Mexique 2003
Il devient alors possible d’envisager une régulation contractuelle. La majorité des acteurs a intérêt à faire respecter les règles décidées d'un commun accord. Ils ont tous besoin d’un environnement propice à l’émergence de nouvelles institutions. Ils ont tous intérêt à éviter les risques de dysfonctionnements.
Cette concertation peut également déboucher sur d’autres innovations : systèmes d’échange d’information et centrale de risques, programmes de formation des administrateurs et employés du secteur, appui à l’innovation et échange d’expériences, code de déontologie et information du public, instruments spécifiques de financement et nouveaux modes de partenariat, etc.
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