En 2018, l’écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane acceptait de présider le jury du concours de nouvelles que nous organisions pour nos 60 ans, sur le thème « Rencontrer l’autre et devenir soi ». A l’époque, Cheikh Hamidou Kane avait accepté de jouer ce rôle car la différence, et son acceptation par la rencontre, est un thème important de son engagement politique et de son œuvre littéraire… mais aussi parce qu’il considérait, nous a-t-il dit, « avoir une dette de reconnaissance vis-à-vis de l’Iram ». Alors qu’il est décédé le 3 octobre dernier, c'est à nous, salariés et membres de l’Iram, de lui exprimer notre propre dette de reconnaissance.
Cheikh Hamidou Kane avait dirigé la délégation de cadres qui, au moment de l’Indépendance du Sénégal, était parti en « stage » au Maroc, sur les premiers chantiers de l’animation rurale que l’Iram montait alors avec le Gouvernement marocain, avant que le Sénégal ne lance sa propre expérience d’animation rurale. Dans les années 1950 et 1960, Cheikh Hamidou Kane a œuvré aux côtés de Mamadou Dia et de Leopold Sédar Senghor pour transformer une autonomie interne, de façade, en véritable indépendance.
Alors qu’il est décédé le 3 octobre dernier à Dakar, à l’âge de 98 ans, nous, salariés et membres de l’Iram, souhaitons exprimer notre propre « dette de reconnaissance » vis-à-vis de cet homme engagé, qui a œuvré pour l’indépendance de son pays et pour les liens entre différentes cultures et histoires, dans l’espoir de voir advenir un monde nouveau.
Pour lui rendre hommage, nous publions dans la vidéo ci-dessous des extraits de l’entretien qu’il nous avait accordé en 2018. Cheikh Hamidou Kane y souligne l’importance du thème de la différence dans ses deux œuvres littéraires,
L’Aventure ambiguë et Les Gardiens du Temple
. Il raconte aussi comment, en tant que gouverneur de région, il a cherché à moderniser l’agriculture, avec comme points de départ essentiels : la participation des populations concernées et les connaissances que ces populations ont de leur environnement, de ses réalités écologiques, culturelles et sociales. L’Iram, avec les programmes d’animation rurale développés et mis en œuvre dans les années 1950 et 1960 dans les pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest nouvellement indépendants, a eu le privilège d’accompagner de telles démarches.